WASHINGTON, 22 janvier 2026, 08:15 EST
- La NASA annonce que TESS met en pause son travail sur le Secteur 99 pour se concentrer sur une observation spéciale de la comète interstellaire 3I/ATLAS.
- L’orientation spéciale a lieu du 15 au 22 janvier, et les données seront immédiatement archivées publiquement, sans période de propriété exclusive.
- Les chercheurs notent que le calendrier coïncide avec une géométrie de quasi-opposition, ce qui peut améliorer la précision des mesures de poussière de la comète.
La NASA a réorienté son satellite chasseur de planètes TESS pour se concentrer sur une observation spéciale de la comète interstellaire 3I/ATLAS, mettant en pause son enquête habituelle sur les étoiles à la recherche d’exoplanètes. Le calendrier mis à jour révèle que TESS pointera le long de l’écliptique du système solaire du 15 au 22 janvier, puis reprendra sa campagne du Secteur 99. (NASA Science)
Le calendrier est crucial car un article récent a prédit que 3I/ATLAS s’alignerait à moins d’un degré de l’axe Terre-Soleil ce jeudi — une configuration appelée quasi-opposition. À de si petits angles de vue, la poussière peut produire une « surbrillance d’opposition », un pic de luminosité non linéaire causé par la façon dont la lumière se diffuse sur les particules. (arXiv)
Les comètes interstellaires sont des visiteurs rares. Selon la NASA, 3I/ATLAS n’est que le troisième objet confirmé détecté traversant notre système solaire depuis l’extérieur, après 1I/’Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. La NASA confirme également qu’il ne présente aucune menace pour la Terre. (NASA Science)
Le 16 janvier, le TESS Science Support Center a annoncé que la campagne sur la comète a été assignée au Secteur 1751. Cette orientation écliptique vise à maintenir la trajectoire de la comète confinée à un seul détecteur tout en évitant la lumière diffusée anticipée. TESS capture à la fois des images plein champ et des fichiers de pixels cibles à cadence rapide le long de la trajectoire de la comète. Les données seront rendues disponibles immédiatement via les archives Mikulski pour les télescopes spatiaux, sans embargo. (Nasa)
TESS — qui signifie Transiting Exoplanet Survey Satellite — surveille généralement les étoiles pour détecter de faibles baisses de luminosité indiquant le passage d’une planète devant elles. Lorsqu’il observe une comète, ces mêmes mesures de luminosité révèlent comment l’activité fluctue à mesure que le gaz et la poussière se vaporisent et que le noyau tourne.
Lorsque ATLAS a repéré l’objet en juillet 2025, l’astronome Larry Denneau de l’Université d’Hawaï, co-chercheur principal de l’enquête, a admis qu’ils travaillaient encore à confirmer les éléments fondamentaux. « Au-delà de cela, nous n’en savons pas beaucoup plus, » a-t-il déclaré à Reuters, alors que les équipes s’empressaient de sécuriser de plus grands télescopes pour des observations complémentaires. (Reuters)
Les responsables de la NASA se sont tournés vers les données des télescopes spatiaux Hubble et James Webb pour contrer les rumeurs en ligne selon lesquelles l’objet serait artificiel. « Nous aimons que le monde se soit interrogé avec nous », a déclaré la responsable scientifique de la NASA, Nicola Fox, lors d’un briefing en novembre. L’astrophysicien d’Oxford Chris Lintott a rejeté la théorie du vaisseau spatial extraterrestre comme étant « tout simplement absurde ». (Reuters)
Les chercheurs recherchent désormais une physique plus pure. Les données recueillies près de l’opposition pourraient révéler à quel point les grains sont réfléchissants et si la poussière est compacte ou duveteuse — des indices qui révèlent comment la matière a été traitée dans un autre système stellaire avant que la comète ne soit éjectée dans l’espace interstellaire.
Le résultat n’est pas garanti. Toute augmentation de luminosité due à la géométrie d’observation doit être distinguée des fluctuations typiques de l’activité cométaire, alors même que l’objet s’estompe en s’éloignant dans un champ d’étoiles encombré.
Après s’être concentré sur la comète, TESS reprendra sa mission de chasse aux planètes. Mais avec 3I/ATLAS, le temps joue contre nous : il devient chaque semaine plus faible, plus distant et plus difficile à suivre.