LONDRES, 30 mars 2026, 12:05 (BST)
Georges Elhedery, PDG de HSBC Holdings, s’est décrit comme ayant été « impitoyable pour éliminer la complexité » tout en menant la transformation de la banque vers l’IA. Il a fait ces commentaires lors d’une interview et d’un épisode de podcast de Bloomberg publiés lundi. 1
Le timing entre en jeu. La semaine dernière seulement, HSBC a nommé son tout premier directeur de l’IA, et quelques jours auparavant, Bloomberg News—cité par Reuters—a rapporté que la banque pourrait éventuellement supprimer jusqu’à 20 000 emplois, soit environ 10 % de son effectif total. La plupart de ces suppressions concerneraient des postes non liés à la clientèle, bien que le projet n’en soit qu’à ses débuts. Les deux mesures témoignent d’un recentrage sur l’IA, d’une gestion rationalisée et d’une réduction des coûts alors que HSBC prépare son prochain chapitre. 2
HSBC a nommé David Rice à ce nouveau poste dédié à l’IA, à compter du 1er avril, selon un communiqué officiel. Des outils d’IA générative—capables de générer du texte, du code ou des résumés à partir de requêtes—seront déployés dans toute l’organisation. La banque a élargi les responsabilités du directeur technique Mario Shamtani, lui confiant le développement d’une plateforme centrale d’IA. « L’IA joue un rôle clé dans notre trajectoire », a déclaré Elhedery. 3
HSBC a déjà lié sa transformation à des objectifs financiers plus stricts. En février, après avoir publié les résultats 2025, la banque a relevé son objectif de rendement des fonds propres tangibles à au moins 17 % jusqu’en 2028—malgré une baisse de 7 % du bénéfice avant impôts à 29,9 milliards de dollars, impacté par 4,9 milliards de dollars de charges exceptionnelles. « Une banque simple, plus agile, plus ciblée », c’est ainsi qu’Elhedery a décrit HSBC. 4
La démarche de simplification de HSBC ne concerne pas que l’IA. En février, Reuters a rapporté que la banque avait commencé à chercher à vendre sa branche de fabrication d’assurance-vie à Singapour—une activité qui, selon des sources, pourrait valoir plus d’un milliard de dollars. Cela fait suite à la sortie de HSBC de 11 activités de son portefeuille l’an dernier. Lors de la présentation des résultats, Elhedery a été clair : la banque veut être « un leader dans ce que nous faisons »—ou se retirer et laisser la place à un autre. 5
Lundi a apporté un signal plus discret sur le plan du bilan. Selon un dépôt boursier à Hong Kong, HSBC a émis 130 millions de dollars de billets seniors non garantis à 5,48 % arrivant à échéance en 2036 le 27 mars. Il s’agit d’obligations d’entreprise classiques, prioritaires sur la dette subordonnée en cas de défaut de la banque. HSBC a indiqué qu’elle prévoyait d’inscrire ces billets sur la liste officielle de la Financial Conduct Authority et de commencer leur cotation sur le marché principal de la Bourse de Londres. 6
C’est un environnement difficile en ce moment. La semaine dernière, la ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, a convoqué HSBC, Barclays et NatWest pour discuter de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les ménages et les petites entreprises. HSBC, de son côté, a dépassé les 300 milliards de dollars de capitalisation boursière en janvier—résultat d’une forte hausse des actions bancaires. 7
Cependant, des risques pourraient peser sur les perspectives. Plus tôt ce mois-ci, Reuters a signalé HSBC et Standard Chartered comme les prêteurs internationaux les plus exposés au conflit dans le Golfe, notant qu’HSBC avait fermé certaines agences au Qatar. Malgré cela, Elhedery continue de qualifier le corridor Asie-Moyen-Orient de « axe déterminant de la croissance mondiale ». Pourtant, lundi, le chef économiste Asie de HSBC, Fred Neumann, a admis qu’il n’existe « aucun plan clair » pour les décideurs confrontés au dernier choc pétrolier et monétaire en Asie. 8